dimanche 10 juillet 2011

J'aspire à être une fourmi

«Devant l'obstacle, la fourmi ne se pose pas la question «Pourquoi ça m'arrive et à cause de qui?». Mais bien «Comment je vais me sortir de cette situation et avec l'aide de qui?». »
Bernard Werber

C'est fou comment on peut perdre de temps des fois à chercher des réponses qui n'existent finalement pas. Ou qui ne servent à rien parce qu'elles ne nous amènent pas plus près d'une solution. Ou même encore ne servent qu'à ruminer davantage et nous entraînent dans une spirale négative.

Je veux être une fourmi pour m'orienter sur les solutions et accepter de demander de l'aide. Je l'avoue, demander de l'aide n'est pas dans mes habiletés premières, disons. Mais je prends l'engagement de le faire plus souvent.

La fin ou le début ?

Je suis journaliste. Je pense que c'est en moi. Je raconte des histoires pour des magazines et j'adore cela. Vraiment. Il m'arrive souvent de raccrocher le téléphone après une entrevue de sentir une certaine plénitude ou un sentiment étrange, quelque chose comme le bonheur. Le bonheur de savoir que je suis dans mes bons souliers. Je me sens privilégiée. Je me sais heureuse de faire ce métier que j'aime... de plus en plus!

Être journaliste, c'est de loin ce que je voulais faire le plus dans ma vie. Depuis que je suis petite, les journaux et les magazines m'intriguent. Je me rappelle clairement un épisode de Passe-Partout où la maison de Grand-Mère est transformée en salle de rédaction avec vieille machine à écrire et gros téléphone. En troisième année au primaire, j'ai créé mon premier petite journal sur un énorme ordinateur (on était quand même en 1986!). Ensuite, mon élan n'a jamais diminué. Jamais. En 5e année, avec des amis, on avait créé dans le sous-sol chez mes parents une petite salle de rédaction. On avait parlé des débuts d'un certain Mario Lemieux, on notait des petites expériences de science, etc. Au secondaire, je me suis impliquée à fond dans le journal le Crochet en racontant avec presque romantisme les épopées de notre harmonie musicale qui a gagné des concours provincial non pas avec ses heures extravagantes de pratique mais bien avec son amour de la musique, j'ai rêvé de tuer la une, j'ai fait des revues de l'année, etc. J'ai évidemment écouté Scoop en m'imaginant à la place de Macha Grenon.

Reste que tu ne penses pas que c'est un métier très accessible. À la fin de mon cégep, j'ai envoyé plusieurs demandes d'admission dans les universités: BAC en éducation des mathématiques au secondaire (j'adorais les maths!), BAC en administration, BAC en combiné communications-histoire, BAC en journalisme. Peut-être pour noyer mon réel désir dans une mare de possibles. On ne prenait que très peu d'étudiants. On avait un test écrit et une entrevue avec le directeur du programme, un professeur et un étudiant. J'ai eu peur qu'on me détourne de mon rêve de petite fille de 9 ans.

J'ai été acceptée. Pas facile de suivre son rêve quand même quand tu sais que les possibilités d'emploi sont quand même minces et peu nombreuses. Mais je l'ai fait. J'ai tenu tête. C'est cela que je voulais faire dans la vie. Et j'allais réussir. On a douté autour de moi, on a réveillé des peurs. Mais j'ai tenu bon. Et j'ai foncé.

Je n'ai jamais regretté. Je fais le métier le plus fabuleux du monde, j'en suis persuadée. Un métier qui m'habite. Chaque jour.

J'aime les journaux, les magazines, les sites web, les infos, etc. Je vire complètement folle dans un kiosques de revues. Je les voudrais toutes! Lire le journal en tournant des grandes pages, en me salissant les bras, en découpant certains trucs, en y renversant mon café: j'adore. Alors quand j'ai vu cette nouvelle cet été, ça m'a un peu ébranlée. Les journaux ferment. C'est triste. «Thank you & goddbye» titre leur site web. C'est la fin des journaux? Le début d'autre chose? Peut-être. Mais je sais que c'est en feuilletant les journaux, petite, que j'ai eu envie de faire ce métier. J'espère juste que la passion se transmettra autrement désormais.