jeudi 13 janvier 2011

La démarche plus que le résultat

Difficile parfois de ne pas viser un certain niveau de résultat dans tout ce qu'on entreprend? Depuis quelques jours, j'enchaîne les animations dans les classes et les bibliothèques. Inévitablement, on me pose la question «Est-ce que c'est toi qui fais aussi les illustrations dans les livres?». Je réponds toujours la même chose en rigolant un peu: «Non! Je ne suis pas très bonne. Je suis capable de dessiner une fleur et un bonhomme allumettes et c'est à peu près tout!». Depuis des années que je réponds cela à cette question.


Cette semaine, ma réponse m'a parue étrange. On aurait dit que je n'arrivais plus à la dire. Je m'embourbais dans mes mots. Ma réponse sonnait étrange. J'ai compris. Autant, je leur dis aux enfants d'écrire, même s'ils font des fautes, même si ce n'est pas écrit parfaitement, même si parfois on cherche nos idées, autant tout à coup, je leur dis que moi, je ne dessine pas parce que je ne suis pas bonne. Ce n'est pas ce que je veux leur transmettre. Je veux qu'ils prennent plaisir à écrire ou à dessiner... pour l'acte, et non seulement pour le résultat. Juste pour le plaisir. Juste parce que ça peut leur faire du bien. Juste comme cela. Juste parce qu'on sent un élan.

Je n'écris pas d'abord parce que je suis bonne à écrire, mais parce que j'y prends plaisir. On aurait beau avoir le plus grand talent du monde, si écrire ne nous dit rien, ne nous allume pas... est-ce mieux?

C'est un peu pêle-mêle comme réflexion. C'est que je veux transmettre aux enfants que même si je ne suis pas bonne en dessin, je prends plaisir quand même à dessiner et que je ne m'empêche pas de sortir mes crayons de couleur et ma peinture à l'eau pour laisser aller mon imagination et sortir mes émotions. Ensuite, seulement, ensuite, on verra le résultat. C'est plus l'état dans lequel j'étais qui importe le plus... Le reste, ça viendra... ou pas! ;-)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire