jeudi 17 juin 2010

Fille de mots

Je suis une fille de mots. Petite, j'ai longtemps épluché le dictionnaire, recopiant même des définitions des mots que je ne connaissais pas. Je lisais en écrivant sur mon signet tous les mots ou les expressions que je ne connaissais pas. Ensuite, je passais des heures à "lire le dictionnaire" comme se moque gentiment encore parfois ma famille. J'ai aussi copié beaucoup de phrases parce que je les trouvais jolies, parce qu'elles étaient structurées différemment, parce qu'elles m'interpellaient tout simplement.

Malgré un détour par les maths et les chiffres au secondaire et au cégep - j'ai beaucoup aimé les maths: la trigonométrie, l'algèbre, les calculs différentiel et intégral... tout sauf de la comptabilité! Et j'ai bien failli me retrouver prof de maths si je n'avais pas été accepté en journalisme à l'université! - je reste une fille de mots. Plus que de lettres. Les mots résonnent en moi. J'écoute, je lis et je note! Il y a des phrases qui me happent sans avertir. Des phrases qui me restent dans la tête. Et qui tournent, tournent sans cesse. Parfois, je les garde "au cas où" elles serviraient un jour. D'autres fois, ces phrases sont des choses qu'on m'a dites et qui me poussent à réfléchir. J'ai des extraits de livre, des pensées et beaucoup de petites expressions griffonnées un peu partout. Je manque terriblement d'ordre et je souffre d'avance à l'idée que j'en perds toujours quelques unes ici et là. Mais c'est la vie et je me dis que peut-être quelqu'un d'autre les rescapera peut-être et elle vivra ailleurs... Des fois, je rêve de trouver un cahier anonymes contenant des centaines de phrases lumineuses...

Alors pour risquer moins de les égarer, j'ai décidé de les écrire ici. Tranquillement. De temps en temps. J'avais pris l'habitude de les écrire sur des notes et les afficher sur mon frigo, mais j'ai vite abandonné. Et puis, mes mots étaient cachés par vingt dessins et notes scolaires. Reste que l'idée me plaisait... Je recommencerai peut-être! Quoi de mieux qu'avoir le nez planté sur pleins d'échos de mots quand on se lance pour farfouiller dans le congélo?

"Il n'y a pas de hiérarchie dans la douleur"

Récupéré durant une entrevue faite au sujet du difficile deuil de nos parents. Mais appliquable dans n'importe quelle situation. Comment mesurer le malheur? Comment chiffrer le bonheur? Tout glisse, tout change, tout est relatif. Peut-on se comparer? Se consoler en regardant les autres? Avons-nous le droit de vivre la douleur, le malheur et le bonheur à notre propre échelle? Aussi petit ou aussi gros qu'ils soient et ce sans gêne? Difficile....

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